PÔLE ATELIERS
PÔLE PÉDAGOGIE
PÔLE SPECTACLES
PÔLE FESTIVAL

K-Clown, c'était comment Anita ?

K-Clown, par Emilie Olivier à la Brotfabrik le 12 février 2013

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Spectacle soutenu et présenté par la Ménagerie grâce à Pascale Berger du pôle projets

 

« Monologue clownesque adapté du Journal de Kafka »

 

Juste avant de partir au théâtre, une copine me dit d’un ton compatissant : « Tu vas écouter du Kafka ? Eh ben, bonne soirée ! ». J’ai passé une soirée vraiment  bonne. C’est ma copine qui a raté un spectacle fascinant. D’abord le titre n’était pas Kafka-cl., mais K-clown. Clair ? Ensuite Emilie Olivier sait faire parler Kafka comme je ne l’ai jamais vu ni entendu. Emilie, en chemise et bonnet de nuit blancs, un nez rouge de clown, l’air endormi, s’étire, bâille, ronfle, lance des onomatopées, gesticule, nous offre presque un orgasme en prenant son cahier, sa plume et son encrier, fait virevolter des pages, de longues minutes s’écoulent, le public rit ou retient son souffle et puis le cri : « Je pense ! ».  S’ensuivent des motifs « kafkaïens » : l’éducation qui fait des torts, avec  un petit clin d’œil à l'homme à lunettes, « Il s’appelle comment ? Ah ! Oui, Freud », la cuisinière et l'inspecteur scolaire, un Voltaire dans sa pose de penseur (très chouette). Et puis arrive la métamorphose, pas celle vue par Kafka, non, la clown va se transformer en femme qui allaite, fait les corvées ménagères, se dénude avec beaucoup de pruderie et devient une femme libérée, une ingénue, une séductrice. Tiens, je ne me souviens pas si elle avait des poses de penseuse. La femme libérée ne serait-elle là que pour séduire, sans faire travailler son esprit ? Certainement pas, sinon Emilie Olivier n’aurait  pas pu créer ce spectacle. Mais la clown se moque aussi des collègues masculins penseurs. Au fond, comme le disait, ou à peu près, un écrivain célèbre : « On ne voit bien qu’avec un nez de clown ».    

Après le spectacle dans le bar bien sympathique de la Brotfabrik, une bonne bière allemande à la main, l’artiste nous raconte qu’elle a été refusée dans une ville (j’ai heureusement oublié le nom) parce que « le clown (ou la clownerie) n’est pas de l’art ». Moi, je trouve que le K-clown d’Emilie Olivier, c’est de l’ART.

Anita

Informations supplémentaires