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Le FTF 2012, c'était comment Anita ?

Festival de La Ménagerie du 25 au 27 mai 2012 à l’ACUD

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La crise ? Oui, La Ménagerie aussi est en pleine crise. En crise de croissance ! Son Festival fêtait en ce week-end de Pentecôte sa troisième année à l’ACUD. Ses Présidentes Hélène Lebonnois et Léa Vassal nous ont proposé un programme superbe, varié, drôle, intéressant et professionnel et pour la première année, axé autour d'un thème : la Rébellion – Rebel-lion (ce bon jeu de mots n’est pas de moi, dommage, il me plaît).

J’étais présente du début jusqu’à la fin des festivités. Selon mes habitudes, je viens vous donner mes impressions, mes réflexions. Suivez-moi donc ! Ou plutôt suivez le Marktschreier à l’air très gaulois, le crieur public Cédric qui va nous guider tout le long du Festival jusqu'à ce qu'il rejoigne son équipe d'I.M.P.R.O. le dimanche soir.

Vendredi :

La première performance commence dans la cour et par un A : Anagramme. Catherine Ricoul nous en sert le long d’un ruban de plusieurs mètres, un peu ardu à mon goût mais subtilement présenté.

 

Nous voilà ensuite dans la salle de théâtre pour écouter la lecture de Marie NDiaye de son livre Y penser sans cesse. Comme j’aurais aimé être cet enfant à qui elle parle avec tant de douceur et d’insistance. Mais elle ne parle pas d'êtres fantasmes, ni de grenouilles transformées en princes, car son enfant abrite dans son cœur le petit Wellenstein, cet enfant déporté, assassiné qui, lui, n’a pas eu le droit de grandir. À mon avis, c’est ce livre qu’il faudrait étudier dans les écoles, au lieu de bourrer le crâne des jeunes avec des dates de victoires, de défaites et des noms de coupables.

Jean-Yves Cendrey lit des extraits de sa Mélancolie vandale.Des histoires pleines d'ironie, de nostalgie, d'humour et d'amour pour nos semblables. Le public rit beaucoup, moi aussi. Et pendant que « ses marathonistes » défilent sous mes yeux, je repense à la réflexion d’une amie : "Toi qui cherches un homme, va assister à un marathon, il y en a plein, ils sont assoiffés d’admiratrices !" Et moi : "Des coureurs de marathon ! Quelle horreur !" Si j’avais eu le moindre doute quant à mon choix, je l’aurais perdu définitivement après cette course littéraire époustouflante.

Marie Ndiaye et Jean-Yves Cendrey, des écrivains qui savent lire leurs propres textes (c’est assez rare) avec beaucoup de sensibilité et une excellente diction. Merci à eux.

 

Le concert de Brome, Konzert Electric, je préfère l’écouter de loin en papotant avec une amie.

Samedi :

Art de Yasmina Reza par la Compagnie du Verbe et du Complément. Je vous l‘avoue, je suis accro à cette pièce. En allemand, en français, elle me ravit toujours. Elle est d’un humour inaltérable. Et je me réjouis beaucoup d’aller la voir une deuxième fois par la même Compagnie. Je ne suis pas déçue. Je pourrais presque jurer que je vois les mêmes gestes, les mêmes regards, entends les mêmes soupirs. J’aime cette perfection quand le langage du texte et le langage du corps s’harmonisent si bien que « ça fait vrai ! » Merci aux acteurs Jean Terso, Philippe Schubhan et Fabrice Brécourt et leur metteur en scène Pierre Val.

 

Par contre, je n’ai jamais beaucoup aimé Les Bonnes de Genet. Mais après avoir bien ri devant Art, je dois retenir mon souffle par admiration devant ces bonnes diaboliques à la perfection et une poupée plus vivante encore que Madame elle-même. Vraiment très professionnelle cette Racine de deux avec Mathilde Chouffot et Sara Summa et leur metteur en scène Pierangelo Summa.

 

Ah ! Evita, toi qui n'as jamais eu la chance dans ta vie de devenir punk, mais seulement la femme d'un dictateur, si tu avais été présente à la Petite histoire du punk argentin, tu aurais, peut-être d'abord fermé les yeux par pudeur devant cette nudité radicale pour les rouvrir devant cette même femme, très distinguée, en costume (le changement de personnalité n’était pas un problème pour toi non plus) faisant une conférence sur les punks argentins, n'hésitant pas même à danser pour notre plus grand plaisir. Et puis j’en suis sûre, tu aurais aimé aussi la petite sœur punk. Tatiana et Tamara Saphir, des filles du peuple, de ton peuple argentin. Mais ne pleure pas pour elles, elles sont fortes ! Ah ! Oui, le samedi il y avait aussi un workshop pour adultes par notre vice-président et dirigeant des ateliers Damien Poissard. Mais je me suis abstenue. Ma répugnance pour les activités physiques est bien connue. J’ai tout de même été active. La preuve : mes genoux sont encore rouges d'avoir grimpé à quatre pattes pour acquérir une place sur les gradins (je n’avais pas vu le petit escalier à gauche. Après, Hélène a eu pitié de moi et m’a réservé une place sur une chaise au premier rang), puis sans arrêt, redescendre du théâtre, remonter à mi-étage dans un autre bâtiment pour les toilettes, redescendre, manger vite une Grillwurst, fumer une cigarette, faire la queue à la caisse et remonter au théâtre, une bière à la main. Ce n'est pas un marathon mais presque, non ?

 

Des open-stage plus ou moins improvisés et présentés avec beaucoup d’enthousiasme en grande partie par des Fauves de la Ménagerie, comédiens, stagiaires...

Dimanche :

Lorsque je suis arrivée le Dimanche à l’ACUD, j’ai rencontré notre Présidente Hélène et Cédric notre crieur public en train de coller avec plein de joie et un peu de fatigue les dernières affiches dans la rue. Oubliée la hiérarchie ! Une image dominicale et touchante en période de rébellion !

 

Marjorie Nadal, >ai-je besoin de le rappeler, la dirigeante du Pôle de Pédagogie, et prof de l’Atelier d'impro, là aussi je me suis abstenue. D'ailleurs, j'aurais voulu, j'aurais pas pu, c’était pour Jugendliche !<

Idem pour le workshop pour enfants à partir de 6 ans de Damien, quoique à partir de 6 ans c’est clair, mais jusqu'à combien, non). J’ai vu sortir les enfants, ils étaient bien contents !<

 

À l’ombre de Jacques Charlotte Poisson et Anais Tuerlincks. Quand Charlotte se met derrière son théâtre d’ombres magiques, et au son de sa voix douce fait marcher un homme à la recherche de la maison de ses rêves, fait déplacer des montagnes et danser des vagues, fait naître un petit bébé qui ne ressemble pas à un petit bébé, petits et grands, tous, écoutent et regardent avec le même émerveillement. Comme s’est écrié une fois une petite fille lors d’un atelier de Charlotte : « Oh ! C’est beau c'que t'as dit là ! »

 

Un dîner avec le diable, Théâtre de Pantomime par la Compagnie de la Sourde Oreille avec Nicolas Rocher et Laura Gambarini. J’aimerais bien moi aussi vous exprimer sans mot (non, pas possible) combien j’ai été fascinée par ce duo de pantomime, excellent, impressionnant. Ce talent pour faire jouer plusieurs personnages à la fois, avec des mimiques poussées à la perfection. J’ai fondu devant la scène du jeune homme et la vieille dame sur le banc. J’en demande encore et j'irai certainement les revoir sur une autre scène berlinoise.

 

Les Daimonen, Performance du Collectif Art Hung, intéressant, étonnant. Le public choisit un titre sur une liste d’histoires proposées, et aussitôt les Daimonen jouent la petite scène. Ce n’est pas de l’impro, au contraire, tout a été mis en scène et travaillé. Résultat : de bonnes performances, des scénarios très différents, en plusieurs langues et transportant le public dans des endroits imaginaires et réels de la cour à la galerie. Je ne peux pas rester jusqu'à la fin, de peur de ne pas avoir une place pour le programme suivant, je me poste devant l’escalier du théâtre.

 

Et quel est le programme suivant ? L’Impro-match de l’Atelier I.M.P.R.O. de Marjorie : le final, et pour moi toujours LE Bonbon du Festival. Un bonbon très épicé : des grosses prises de rébellion, des tranches d’humour, des bols de salive, des graines de fou rire, un bouquet garni de fleurs des années 60, de l’autorité en boîte et un brin de regret à la fin. Les Bleus dits Bärmuda se livrent face les Jaunes dits Sonnenwelle, un combat d'impro arbitré par la célèbre Marjorie, sérieuse et sévère jusqu'au bout du sifflet, assistée par une compétente Miss Azubi, Cécile Hamet (déjà délicieuse en assistante ingénue au West Germany) jusqu'à ce que le public, non content de leur envoyer les éponges de la rébellion, se révolte à outrance et se retrouve sur la scène, les joueurs sur les gradins, la technique se rebelle et éteint la lumière, l’arbitre et son assistante sont renvoyées, le jury fait la loi, le conférencier, le superbe Laurent crie dans son mégaphone et la police arrive.

 

Alors là, ce n'est plus un gag. Notre Présidente Hélène a dû « déployer tous ses charmes » (sic) pour renvoyer l’autorité. Ah ! Ils étaient beaux tous ces « rebelles-lions ». Mais qui ne deviendrait pas rebelle rien que pour le plaisir d’être a-PAIX-sé et recouvert de fleurs par la ravissante Juré Hippie Cécilia Coulon alias Ravissa Shankara ?

 

J’arrive à la fin de mon récit, il est long je sais. Je suis loin des dix lignes de l’an dernier. Moi aussi, je suis en crise de croissance. Je ne peux pas citer tous les noms, mais j’aimerais dire un Grand Bravo à tous les supers bénévoles, à nos ravissantes et compétentes stagiaires, aux responsables des surtitres allemands et à CELLES que l'on ne voit pas souvent, n'entend pas et qui ne sont pas dans la lumière parce qu’elles l'offrent à la scène : Léa Jamilloux et Léa Vassal.

Puisque j'ai commencé mon « article » avec la lettre A, j’aimerais le terminer avec la lettre Z. Je prends vite mon dico (parce que les mots avec Z, en dehors de Zut...), et je trouve deux mots que je vais vous offrir (?) de suite :

Je ne souffrais pas de

Zoopsie, après consommation d’alcool. Merci aux Champagnes Bouvet-Ladubay pour leur grande et pétillante générosité. C’était bien les Fauves de la Ménagerie en chair et en os que je voyais ce dimanche soir, libres de fêter leur grand succès, libres de ressentir cette grande satisfaction après un festival bien réussi. Libérés de la Belle Rébellion !

À l’an prochain! Zoolâtre

Anita

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